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Jamais deux sans trois, la comédie musicale de la SDA

Un article de Martin, le 6 April 2009, qui a suscité 4 Calamarderies (pour le moment) ...
La note du Calamar

Comme tu le sais probablement lecteur, aujourd’hui sonne le coup d’envoi de la SDA, qui est à Sciences Po ce qu’Angoulême est à la BD, ce que le festival de Cannes est au monde du cinéma, ce que Woodstock est au rock’n'roll, sauf que nous, c’est tous les ans. (Et qu’on a pas Jimi Hendrix).

Ce n’est ni plus ni moins que la Semaine des Arts qui, depuis ce matin, fait bruisser, chanter, s’animer, danser, secouer le 27 (et pas forcément dans cet ordre). Bref, de l’Art. Si vous aviez encore besoin d’une définition, le BDA s’en charge.

Passons sur les évènements de cette première journée. Non pas que je n’y ai pas assisté (même si c’est effectivement le cas), mais parce que les caractères sont rares et le temps précieux. Je suis certain que certains de nos lecteurs voudront en parler. Si si, ne niez pas. Alors concentrons-nous sur ce qui a réellement marqué le début de la SDA, et qui tous les ans est le must-see, l’apothéose, le climax, le summum de la semaine, là où toutes les pulsions créatrices et frénétiques se livrent au grand jour (et surtout en Boutmy), la Comédie Musicale.

Ce n’est pas sans une certaine appréhension, doublée d’une furieuse curiosité que j’ai dans un premier temps observé les affiches qui par centaines ont été parsemées sur les murs de Sciences Po. Une grosse barbie, et un titre pour le moins énigmatique, « Jamais 2 sans 3 ». Un brusque retour en enfance incontrôlé ? Une soirée spéciale dicton moisis ? Une brusque soirée d’enfance moisie ? Bref, c’est avec une indéniable envie que, en retard, j’ai posé mes tentacules sur la balustrade d’Emile Boutmy.

Ce qu’il y a de bien, quand on est retard, c’est qu’on a pas à attendre longtemps le début du spectacle. Ce qu’il y a de moins bien, quand on est en retard, c’est qu’on est sur la balustrade et qu’on ne peut pas vraiment choisir sa place, et la qualité sonore s’en retrouve un peu amoindrie. Mais qu’importe.

L’obscurité se fait, et une petite fille fait son apparition sur la scène. Elle n’est petite que par la taille, parce qu’en terme de présence scénique, elle est très grande ! Elle nous fait son numéro, nous vante les bienfaits de wikipédia, et nous explique – ça je ne le comprend qu’après coup, mauvaise qualité de son oblige – que l’amour c’est bien, surtout à 2. Mais encore plus à 3 ! Voilà donc pourquoi jamais 2 sans 3 (enfin en voilà une bonne idée !). Sans plus attendre, trois superbes barbies font leur entrée sur la scène de Boutmy, et c’est parti pour une heure et demi de chants débridés et de chorégraphies déjantées !

Sous nos yeux ravis et ébahis vont se succéder quatre différents couples, ou plutôt trouples (selon une formule absolument pas consacrée, que je dédicace, d’ailleurs) , puisqu’ils sont toujours trois, en vertu du triangle de l’amour… A commencer par les deux courtisanes qui entourent Louis XIV (en personne). A vrai dire, je ne pensais pas vivre assez vieux pour voir Louis XIV, en costume et avec deux courtisanes, dancer sur les 2B3 en Boutmy.

Répétez ces derniers mots à haute voix. Oui, c’est merveilleux la Semaine des Arts, je trouve aussi. Dans des conditions parfois spartiates (lumières pas toujours raccord, son parfois un peu juste pour nous autres auditeurs éloignés), les brillants chanteurs-danseurs-comédiens réunis pour l’occasion nous livrent de bien sympathiques variations sur le thème de l’amour à trois et sautent allégrement d’époques en époques. C’est donc fort logiquement et fort judicieusement qu’ils font entrer en scène le mythique couple Sartre-De Beauvoir. Je ne pensais pas voir de sitôt Simone de Beauvoir chanter I kissed a girl de Katty Parry en Boutmy accompagnée de Sartre. Formidable la SDA je vous dis.

Ce qui frappe, c’est l’homogénéité des comédiens/acteurs/chanteurs (oui parce qu’ils savent tout faire !) : d’ordinaire, dans une « troupe » amateure, on voit toujours celui ou celle qui est un cran en dessous, alors que là, on est sans cesse surpris de voir à quel point ils chantent, dansent et jouent bien, et je dis pas ça parce que je les aime (enfin, si, mais un tout petit peu). Avec beaucoup humour – et le public de Boutmy, souvent hilare, ne me contredira pas – la petite troupe se joue des stéréotypes des comédies musicales, et on est tour plongé dans plein d’univers différents sans pour autant tomber dans le travers dit du « patchwork » (concept forgé pour l’occasion). Mention spéciale à la petite fille précédemment évoquée, dont les intermèdes absolument irrésistibles et furieusement drôles font mouche.

De Nina Simone (Don’t let me be misunderstood, qui confine au sublime) à Carla Bruni en passant par les Stones (Satisfaction, géant!), Prince (Kiss, funky à souhait), Elton John (Can you feel the love tonight, avec tous les chanteurs : que de frissons !!), les Jackson Five (ABC), et Aretha Franklin (Respect), entres autres, on a pas le temps de s’ennuyer. Marilyn Monroe joue même dans la comédie musicale, et nous a même chantonné un petit poupupidou adorable, entouré d’un artiste fougueux et d’un président occupé. Si leur ajoute le couple triangulaire de jeunes (mention spéciale à la jeune fille anglophone – enfin je crois – qui a assuré !) et les danseurs (très très impressionnants), ça nous donne une Comédie Musicale de très bon cru !

En guise de conclusion des débats, la troupe demande à Boutmy : « Jamais deux sans trois, pourquoi pas en amour ? ». On ne saura pas trop comment à y répondre, mais ce dont on est sûr, c’est qu’on en voudrait au moins une deuxième de comédie musicale comme ça !

Alors merci à toute la troupe pour ce super spectacle, et à demain pour de nombreuses aventures… Car en cette Semaine des Arts, le Calamar rôde !

4 Calamarderies »

  • Roro said:

    Ouach trop bon, bougez pas, j’arrive!

  • Coline said:

    Comment ça “lumières pas toujours raccord”" ??? en tant que responsable changement de couleurs de filtres je m’offusque…parfaites nos lumières… :)
    Comme la Comédie Musicale d’ailleurs…
    N’oubliez pas le Boutmy Rock Festival à 18h mercredi en Boutmy avec 4 groupes de Sciences Po qui déchirent ! SDA rocks you !!!

  • Martin said:

    Ach, je voulais dire que des fois j’entendais le technicien grommeler derrière mon dos et dans son micro genre “attends là ça marche pas”, “euuuh, c’est à moi là”, “je suis sensé faire quoi là?”…

  • Florence said:

    Et jamais 2 représentations sans 3… Vous avez donc encore 2 chances de vous repaître de cette comédie ultra-calamaresque après les vacances !

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