The Visitor – Contre-critique
Cet article est une réponse à la critique du film The Visitor, par Gabriel.
The Visitor est l’histoire d’une rencontre, et d’une belle rencontre. Le genre de rencontre qui fait grandir un homme. Le scénario n’est pas loin de la réalité, il y est au contraire totalement ancré. On ne peut pas toujours dire d’une histoire belle qu’elle est nécessairement fausse.
« The Visitor » est l’histoire de la transformation d’un homme, qui sous nos yeux prend enfin vie. Homme sérieux, ennuyé et blasé, Walter se transforme, ou plutôt se révèle au contact de Tarek, jeune syrien illégal heureux de vivre, heureux de pouvoir simplement être là et jouer du jembé. Avec lui, Walter apprend à comprendre et à vivre des plaisirs simples et, apothéose à cet apprentissage du bonheur (et non pas signe qu’il abandonne totalement Tarek à son centre), il tombe amoureux de la mère de Tarek.
La magie du film se retrouve dans cette scène incroyable où, abasourdi devant tant de bêtise et d’intolérance, Walter déverse toute sa rage devant l’homme de l’administration du centre qui, implacable dans son indifférence, refuse nonchalamment de lui expliquer pourquoi et quand Tarek a été expulsé. « Comment pouvez vous traiter des gens comme ça ? ». La réplique résonne, elle sonne juste.
Ce film est une critique de la politique d’immigration américaine. Mais plus loin, c’est une critique de l’impassibilité des gens à l’égard de l’inadmissible : les centres de rétention qui sont des prisons à durée indeterminée, les conditions de détention où il faut être légal pour avoir le droit de visiter (qui forcent donc à la séparation des familles de clandestins), l’expulsion qui peut arriver à tout moment, sans prévenir. Ce moment de cri, venant d’une bouche si calme, est magnifique, car il révèle toute l’humanité de Walter, et son incompréhension face à un système aussi injuste.
Ce n’est pas parce qu’une histoire fait rêver qu’on ne peut pas y croire. Et si l’enfermement de Tarek en centre de détention, puis son expulsion, n’ancrent pas le film dans la réalité et le drame, alors quels autres films peut-on trouver réalistes ?
« The Visitor » tire plutôt sa force de sa sincérité. Les personnages, magistralement interprétés, sont si riches et profonds qu’ils en deviennent réels. Rare pour un film, que l’on aime à se retrouver dans la peau de ses personnages.
Au delà de la critique politique, « The Visitor » est surtout un film humaniste qui montre l’homme autrement que sous les traits d’un indivualiste égoiste. Walter devient au contact de Tarek, profondément humain. Oui, au bout de seulement dix jours, il se découvre un humanisme si profond qu’il en vient même à soulever monts et montagnes pour un homme qui aussi adorable qu’il soit, lui est encore quelque peu étranger. Moi j’ai l’espoir, l’illusion peut-être, de croire que ce genre de personne existe, encore.
Dans un monde où la peur de l’étranger, c’est-à dire de ce qu’on ne connaît pas, est omniprésente et nous tiraille en permanence, cette histoire fait figure de lumière. Car elle est belle, simple, et profondément touchante.


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contente de voir que quelques calamars défendent ce film! merci Charlie
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