La très très grande entreprise
La très très grande entreprise, c’est d’abord Naterris, compagnie polluante aux 9 milliards de bénéfices . Mais c’est surtout tout ce que vont devoir faire quatre joyeux amis pour pouvoir l’attaquer en justice et lui faire payer les maux qu’elle a causés.
Scénario prévisible, peu de sursauts, et manque d’émotion…Le film déçoit. Mais revenons d’abord à l’histoire, car elle reste plutôt bien pensée, à première vue.
L’histoire commence sur le jugement rendu d’un procès. Parmi les plaignants, Zaccharias, Mélanie, Denis ont tous été touchés par les déchets de Naterris. Issus de la classe populaire (Mélanie est la seule à pouvoir se vanter d’avoir son bac), tous sont révoltés que l’entreprise n’ait à payer que « 12 000 euros » de réparations, et décident de faire appel. Seulement, il faut trouver un élément nouveau. Les trois lurons – qui au départ ne se connaissent pas- décident donc, avec l’aide d’un ancien de la boîte qui accepte de devenir leur bonne à tout faire (Kevin) de monter à Paris. Où se situe, implacable et puissant, le siège de la multinationale. Très vite, l’idée leur vient d’infiltrer le bâtiment… Pas à coup d’hélicoptères ou de satellites repositionnés à la « 24 heures », mais de serpillières, de marmites, et de grande ingéniosité. Et les voilà qui se reconvertissent en ‘technicienne de surface’ sexy, en cuisinier maladroit, et vigile dragouilleur.
Dire que l’on s’ennuie ne serait pas honnête. On rigole parfois, ou au moins on sourit. Mais l’histoire manque d’émotions. On s’attache trop peu aux personnages, et finalement l’histoire d’amour on-ne-peut-plus prévisible qui se crée entre Zaccharias (Roschdy Zem) et Mélanie ne nous fait ni chaud ni froid.
Pierre Jolivet a voulu rendre ses personnages touchants dans leur combat, amusants dans leur bonne humeur. Il est pourtant difficile de les rendre attachants sans creuser un peu. Mélanie, Zach et Denis, on ne les connaît pas. C’était peut-être l’envie du réalisateur. Les montrer comme des ‘nimporte qui’, capables de combattre. La PDG, froide et menaçante, ricane en apprenant le complot, et les traite de « justiciers ». On est touché par leur combat, mais on n’y croit pas, ou en tout cas on ne s’y implique pas, forcé de rester extérieur. Si l’ambition de P. Jolivet était de nous donner une conscience écologique, elle est ratée. On en sort aussi indifférent que quand on y est entrés. Pas vraiment réussie, comme entreprise.



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