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Coluche, l’Histoire d’un Mec

Un article de Charlie, le 3 December 2008, qui a suscité 1 Calamarderie (pour le moment) ...
La note du Calamar

Le film n’est pas à la hauteur du personnage. Ni du public. En portant le si populaire comique français à l’écran, Antoine de Caunes a pris un gros risque. Si le physique de François-Xavier Demaison est plutôt ressemblant, la prestation quant-à elle n’est pas convaincante. Antoine de Caunes a voulu évoquer la période où Coluche s’est lancé comme candidat à la présidentielle de 1981. C’était à l’automne 1980, et s’affrontaient alors Mitterand et Giscard d’Estaing.

« Coluche, l’histoire d’un mec » dépeint un homme désagréable, qui se prend au jeu de ce qui était au départ une ‘grosse blague’. L’homme, de plus en plus, se voit comme le porte-parole de ceux que la politique a abandonnés. Coluche n’est plus le joyeux comique qu’on connaissait mais une personnalité égoiste, qui se fout de sa femme, qui se fout de ses compagnons de départ, prêt à les virer quand ils critiquent sa façon de mener sa ‘campagne’ et de trahir son ambition délirante de départ en s’alliant avec la droite. L’homme ne nous attendrit plus, mais nous inspire plutôt méfiance.

Le film est plus une fresque politique et dramatique qu’il n’est comique. Il raconte la décadence d’un homme plutôt que l’histoire heureuse d’un personnage peu commun. Drôle, innocent et désintéressé, l’homme qui était censé ‘faire rire les francais’ devient sous les traits de Demaison, quelqu’un de cruel et d’ambitieux. On frémit quand sa femme lui dit « Je ne te trouve plus drôle ». Car on la comprend.

Le début du film rappelle que les premiers pas de Coluche dans le monde politique sont en fait un total délire. « Je suis le candidat des paumés, des chômeurs, des pédés, des exclus, des ratés, des nuls…» Un délire qui nous touche et nous émeut. Puis il se transforme en course politique, Coluche se prend au dangereux jeu. La politique et ses travers commencent à le ronger ; ses proches s’inquiètent dès lors qu’il commence à y croire.

Tyran à ses heures, homme mondain dont la maison est toujours pleine, séducteur qui multiplie les conquêtes, voilà le Coluche dépeint par Antoine de Caunes. Souvent, l’homme est indifférent aux autres, sauf à ses enfants. « Coluche, l’histoire d’un mec », ou plutôt comment la campagne 1981 a transformé un homme. Comme si tous les vices s’étaient emparés de lui. L’apogée arrive à la fin de sa campagne : Il entame une ‘grève de la faim’, se drogue, est forcé (par son manager) d’arrêter ses spectacles. Le film finit sur ces images, celle d’un Coluche affaibli, seul, éteint. On pense à la fin décadente d’Edith Piaf, interprétée avec brio par Marion Cotillard. Seulement, elle n’avait pas le choix, c’était pas sa faute.

Le scénario, basé sur deux livres dont la vérité a été contestée à leur sortie par les proches du comique, est peut-être une critique des vices de la politique. Mais ce n’est pas cette image-là que les français ont de Coluche, ce n’est pas ce souvenir là qu’ils veulent garder de lui.

Et pour peu d’être naif et de n’avoir entendu parler du comique que pour son nez rouge, on ressort avec une déception énorme à l’égard d’un Coluche loin de l’être.

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