Tonnerre sous les Tropiques

La première fois qu’un bus passe devant nous en exposant l’affiche du film, on peut avoir tendance à rester sceptique : « Tiens, encore un film que j’irais volontiers ne pas voir. Ben Stiller en tête d’affiche avec Jack Black qui hurle à côté, le tout enrobé de flammes … Comme si le nom ne suffisait pas pour désigner une parodie médiocre de film de guerre. »
Seulement voilà, après avoir légèrement creusé la chose, il apparaît que le film ne serait pas qu’une simple comédie. En effet, Ben Stiller, acteur principal mais aussi réalisateur du film, ferait transparaître ici, à travers une mise en abîme sous forme de tournage hollywoodien, une dichotomie conflictuelle entre l’être et le paraître d’acteurs aux égos surdimensionnés. C’est de cette problématique inattendue, dont il n’a pu que trop être le témoin au cours de ses expériences, que Ben Stiller fait une satire et une comédie au ton double, pour le moins déroutant.
Ne pas soulever le rideau des apparences serait donc ne pas saisir ici un film qui fait de l’apparence même son thème central. Ce serait par ailleurs passer un moment relativement ennuyeux puisque le scénario en lui-même est franchement sans intérêt.
“Voici l’histoire des hommes qui ont tenté de réaliser ce film” c’est ce que nous annonce une voix off dès la première minute de film. Et l’histoire en question est celle d’un tournage de film de guerre qui, ralenti par son casting d’acteurs capricieux et par l’incompétence de son réalisateur, fini par se transformer en un reality-war-show un peu trop réel. La troupe des cinq acteurs, lâchée quelque part entre le Laos, la Birmanie et la Thaïlande, devra faire face à la nature, aux trafiquants de drogue, mais surtout : à elle-même. C’est en effet au coeur de leurs périples que se révéleront ou se résoudront les conflits identitaires individuels des 5 acteurs.
Alors faut-il oui ou non aller voir Tonnerre sous les Tropiques ? En vaut-il vraiment la peine ? A mon sens, non. Le film reste avant tout une comédie pour le moins mauvaise. Le message sous-tendu passe mal et l’on se demande si, après tout, on fait bien de donner du sens à quelque chose qui n’en a peut être pas tant que ça. Méfiance, le dada n’est pas loin.
Cependant, par delà les profondeurs décelables ou imaginables du film, il existe, lors du générique final, une raison, une légitimité et un sens au film qui justifient de A à Z sa réalisation, et qui nous récompensent délicieusement de l’avoir vu sans avoir quitté la salle avant la fin : Tom Cruise chauve et déchaîné dansant comme un calamar sur du rap US.

Tom Cruise chauve et déchaîné. Complétement décalé !

D’abord, félicitations pour la reconnaissance de l’asso et encore plus pour le fait qu’il y a du contenu.
Concernant Tonnerre sous les tropiques, je ne suis pas totalement de l’avis de Thibaut. Amateur occasionnel de films de guerre américains, le film de Ben Stiller est une comédie gentillette il faut l’avouer mais qui pour moi est sauvée par les bonnes références au genre qu’elle caricature, la première scène est tellement énorme avec cette visite de Platoon. A voir donc mais tranquillement chez soi (par des moyens légaux bien entendu…) sans imaginer y voir un message sous-jacent (il suffit de revoir Full Metal Jacket autrement plus ambitieux et convaincant), juste pour s’amuser à reconnaître les références cinématographiques et leur relecture bien particulière.
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