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The Visitor

Un article de Gabriel, le 9 November 2008, qui a suscité 5 Calamarderies (pour le moment) ...
La note du Calamar

De Thomas McCarthy, avec Richard Jenkins

The Visitor, à première vue, on peut se dire que c’est le voisin qui passe prendre le thé à quatre heures, le meilleur pote qui vient jouer à la console, des vieux amis qui viennent manger à la maison. Bref une petite histoire sympathique au fin fond de l’Amérique profonde.

Raté. The Visitor, c’est l’histoire de Walter Vale, un professeur assez patibulaire, pas aimé de ses collègues, pas apprécié de ses élèves, qui enseigne tranquillement dans le Connecticut. Jusqu’au jour où on l’envoie (bien contre son gré, vous l’imaginez bien) défendre une thèse sur les pays en développement à New York. Le bonhomme est contraint de s’exécuter et de rejoindre son appartement depuis longtemps délaissé. Enfin, c’est ce qu’il croit, parce qu’en son absence deux clandestins s’y sont installés, un couple formé d’un Syrien (Tareq) et d’une Sénégalaise (Zineb). On se dit que, vu comme Walter c’est un gars sympa, ils vont pas rester longtemps. Et là, Walter leur propose de rester le temps de trouver un autre logement. Et voilà Walter, Tareq et Zineb embarqué dans un ménage à trois dans lequel ils cohabitent plutôt bien. Au contact de Tareq, Walter s’initie au djembé, il a le groove dans la peau et écume les bars avec ses percus et son nouveau pote. Oui mais bon, tout cela est bien trop beau. A la faveur d’un contrôle dans le métro, Tareq est arrêté. Et placé en détention provisoire, dans un camp très laid de la banlieue new-yorkaise. Ce qui n’est pas du goût de Walter, qui engage tous les recours juridiques pour le faire libérer.

The Visitor, qui est-ce alors? Est-ce Tareq, le jovial Syrien, un chic type qui se retrouve bien malgré lui derrière des barreaux, traité comme un animal par une administration qui choisit du jour au lendemain de le renvoyer dans son pays natal, qu’il a quitté depuis longtemps? Ou bien Walter, contraint de visiter la Grande Pomme, dont la mort de sa femme l’avait éloigné depuis longtemps?

Les deux hommes ne sont liés que par une amitié de dix jours, une amitié qui a transcendé les préjugés et s’est affirmé à travers le battement des mains sur un djembé, le seul langage qui réunit ces deux hommes. Car alors que Tareq s’enfonce dans la déprime d’une prison sans fenêtre, côtoyant promiscuité et violence, Walter reprend goût à la vie et à l’amour incarné par Mouna …. la mère de Tareq! C’est cette présence qui permet à Walter de se rassurer et de se redécouvrir. Il manque finalement au triangle qu’il devrait former avec Tareq et Mouna un côté, Tareq dont l’absence devient le prétexte aux roucoulades des deux amants.

C’est peut-être ce qu’on peut reprocher à The Visitor, ce qui laisse un peu sur sa faim: que l’aspect politique de la détention de Tareq ne soit pas complètemebt abordé, que son avocat ne soit qu’une apparition, que sa disparition ne soit qu’un prélude à l’éclosion d’une relation plus forte avec Walter. Le film se concentre, et on ne peut pas lui reprocher, sur l’importance du respect entre les cultures et la possibilité de rapprocher des personnalités différentes. C’est une belle histoire, certes convenue, mais qui se laisse regarder sans contrariétés. A voir si vous aimez les belles histoires d’amour, moins si vous êtes un fan de Michael Moore.

5 Calamarderies »

  • Sarah said:

    Gabriel, je dois dire que je ne suis pas forcément totalement d’accord avec toi (mais je ne suis pas non plus en désaccord cela dit). Je ne conseillerais pas nécessairement ce film aux personnes qui aiment les histoires d’amour mais à celles qui aiment les histoires de rencontres, et qui aiment voir ce qu’une rencontre peut engendrer comem changement. Et puis, il faut également noter je pense l’importance de la musique. Et le fait que l’actrice qui incarne Mouna était l’actrice principale du très beau film “Les citronniers”.
    Mais globalement, je suis d’accord avec la fin de ta critique : “C’est une belle histoire, certes convenue” pas nécessairement pour “un fan de Michael Moore”.

  • Nabe said:

    Je me permet d’emettre des réserves sur cette critique. A t-on d’ailleurs vu le meme. Une seule recommandation, regardez le une seconde fois, écoutez le bien et arrêtez ces commentaires blazés et suspicieux sur tout ce qui peut être beau, comme l’est ce film . Vive le visitor

  • Martin said:

    Une contre-critique de ce film sera bientôt publiée ! Revenez d’ici peu !

    Et merci pour vos commentaires !

  • Gabriel said:

    Bonjour à tous,

    je vois que ma critique suscite un certain nombre de réactions, je vais tenter de m’expliquer avant la contre-critique.
    J’ai aimé ce film, j’ai aimé les belles rencontres entre cultures différentes, j’ai aimé la façon dont la muisque pouvait rapprocher.
    Ce que je trouve juste un peu dommage, c’est cet optimisme ambiant qui occulte presque la tragédie que vit Tareq. Le film se concentre (et c’est un parti pris) sur le personnage de Walter, laissant croupir au fond de sa geôle le pauvre Tareq. Je trouve cela un peu dommage que la relation avec Tareq soit, à mon avis, un peu délaissée à un certain moment du film, car elle est pour moi la plus riche.
    Mais c’est un beau film, trop beau peut-être pour être vrai…

  • Le Calamar Déchaîné | The Visitor - Contre-critique said:

    [...] Cet article est une réponse à la critique du film The Visitor, par Gabriel. [...]

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