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Mensonges d’État

Un article de Gabriel, le 12 November 2008, qui a suscité 0 Calamarderie (pour le moment) ...
La note du Calamar

Après le succès critique d’American Gangster salué par deux nominations aux Oscars 2008, Ridley Scott nous revient sur les écrans avec Mensonges d’État, en compagnie de son fidèle Russell Crowe et de Leonardo Di Caprio. Un casting alléchant pour une histoire qui ne l’est pas moins, puisque c’est aux agissements de la CIA au Moyen-Orient que le réalisateur a décidé d’accorder son attention dans son film annuel. Un sujet ô combien d’actualité alors que les États-Unis sont enlisés dans le bourbier irakien depuis maintenant cinq ans. Alors film choc ou divertissement oriental?

Résumons d’abord l’histoire en quelques mots, puisqu’elle est simple. Roger Ferris est agent de la CIA au Moyen-Orient, et s’attaque aux intégristes musulmans basés là-bas à la recherche du boss ultime, Al Saleen. Mais les mensonges de la CIA et des services secrets jordaniens font capoter les opérations de l’honnête Perris. Il décide alors de rentrer lui aussi dans ce jeu de désinformation afin de faire tomber ses cibles et crée une fausse organisation terroriste.

Allez, on ne va pas y aller avec des pincettes. Si vous cherchez un film novateur, passez votre chemin, Mensonges d’État ce n’est pas tout à fait ça.

Le talent de réalisateur de Ridley Scott est certes peu discutable, la pertinence et la complexité de ses scénarios le sont parfois plus. Leonardo Di Caprio a beau camper un agent de la CIA convaincant (toute l’histoire repose sur ses épaules), son personnage s’apparente à un cross-over de Danny Archer, dans Blood Diamond, pour le côté aventurier, et de Billy Costigan dans Les infiltrés.Un sentiment de déjà-vu renforcé par les points communs entre Les infiltrés et Mensonges d’État, tous deux scénarisés par William Monahan (tiens, tiens), carrément flagrants à certains moments -souvenez-vous de la scène où Costigan se fait casser les mains par Franck Costello- et la comparaison ne joue pas en faveur de Mensonges d’État, moins fouillé et moins audacieux que son prédécesseur scorsésien, quoique dans un genre différent. Le traditionnel manichéisme entre bons Américains et méchants étrangers est une fois de plus de rigueur, quoiqu’un peu édulcoré, et enlève au film la force dénonciatrice que Scott aurait pu (dû?) lui donner.

Quoiqu’il en soit, hormis Di Caprio, toujours impeccable, les autres acteurs font presque de la figuration. Russell Crowe, notamment, en bouffi beauf bouffeur de sushis (et accessoirement patron de la CIA) nous fait regretter le musculeux Maximus de Gladiator, tant il paraît hors de propos et dans la caricature de l’Américain moyen ignorant des réalités du terrain. Quant au Moyen-Orient, ne comptez pas sur ce film pour parfaire vos connaissances sur la région. Tout juste pourrez-vous vous promener dans les rues d’Amman grâce à la fonction zoom/dézoom des écrans de la CIA (comme dans Ennemi d’État), apprendre quelques mots d’arabe ou que non, tous les musulmans pratiquants ne sont pas des islamistes sanguinaires (merci du renseignement). Si vous cherchiez une analyse fouillée, procurez-vous un bon documentaire, vous en apprendrez plus sur la situation politique de la région.

Rendons toutefois à Mensonges d’État les mérites qui lui reviennent, en tant que blockbuster de fin d’année assumé. Prouesses pyrotechniques, histoire d’amour, méchants très méchants, grands noms au casting…tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce film un agréable divertissement à déguster entre potes, la bouche pleine de pop-corn. Si vous aimez les thrillers d’action, si vous aimez Di Caprio, alors allez voir ce Mensonges d’État.

En attendant Nottingham, le prochain Ridley Scott…

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